- 16 mars 2010, JSSI Journée sécurité des systèmes d’information 2010, OSSIR, programme
- 23 au 25 mars 2010, Conférence Octopus 2010, Conseil de l’Europe (Strasbourg), programme
- 31 mars et 01 avril 2010, FIC 4ème Forum international sur la cybercriminalité, Lille, programme
- 09 au 11 juin 2010, SSTIC Symposium sur la sécurité des technologies de l’information et des communications 2010, programme
Archive de la catégorie «Prospective»
Quelques conférences cyber des semaines à venir
Posté par Eric Freyssinet le 27 février 2010
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Panorama Cybercriminalité 2009 du CLUSIF
Posté par Eric Freyssinet le 16 janvier 2010
Le CLUSIF présentait mercredi 13 janvier 2010 son panorama 2010 sur la cybercriminalité. Je n’étais pas sur la scène cette année, en effet nous avions invité Isabelle Ouellet de la Sûreté du Québec pour représenter les services d’enquête. A noter enfin les travaux présentés par François Paget sur une société Ukrainienne.
La présentation est disponible en téléchargement sur le site du Clusif et la vidéo le sera d’ici quelques jours.
Comme chaque année, il s’agit d’offrir un regard sur les événements de l’année passée en matière de cybercriminalité et de sécurité des systèmes d’information et d’envisager leur impact sur la France en particulier pour l’année ou les années à venir. L’ensemble des membres du groupe de travail ont alternativement pointé des faits d’actuailité de 2009 qui leur semblaient importants, en ont discuté, et ensuite un certain nombre d’entre nous ont été choisis pour les présenter. Le travail s’est donc enrichi cette année par l’apport de personnalités étrangères (notamment canadienne et roumaine) et par un rallongement de la présentation pour intégrer les risques numériques.
En italique mes commentaires personnels éventuels.
- Sécurité du GSM: Alain THIVILLON (Consultant chez HSC) a présenté les risques autour de la confidentialité des communications GSM qui ont été dévoilés cette année. Une raison de plus de s’intéresser en 2010 aux risques inhérents aux terminaux mobiles (systèmes d’exploitation plus ouverts, logiciels malveillants, connexion permanente…).
- Services généraux sur IP: sécurité périmétrique ou incendie, réseaux de commande industrielle, gestion de l’alimentation électrique, etc., l’ensemble des services généraux basculent dans le monde IP et il devient de plus en plus criant que la sécurité de ces services contre les atteintes classiquement rencontrées dans les réseaux IP n’est pas prise en compte. La présentation reprend des cas concrets d’atteintes à des systèmes de vidéo surveillance notamment.
- Câbles et ruptures de service: Pascal LOINTIER (Président CLUSIF) reprend alors la parole pour rappeler les différents incidents survenus en 2009 sur des infrastructures de réseau ou d’énergie transcontinentales ou locales. Il conclut sur la nécessité de toujours prévoir une double adduction sur les sites critiques.
- Cloud computing: Les offres d’hébergement mutualisé « dans le nuage » ont de plus en plus de succès, qu’il s’agisse de gestion complète de son courrier électronique, de son back office ou de sa présence commerciale. Le but de cette évocation est de rappeler qu’il s’agira toujours d’hébergement physique avec les risques inhérents et qu’il faudra toujours y regarder de près quant au lieu de stockage des données (risques juridiques et sécuritaires) ou aux garanties de reprise d’activité: la délégation de la sécurité ne veut pas dire sécurité absolue.
- ANSSI – retour d’expérience sur une attaque en déni de service: après avoir présenté la nouvelle agence créée en juillet 2009, qu’il a rejointe à ce moment-là pour diriger le CERTA, Franck VEYSSET est revenu sur les enseignements de la gestion d’une attaque en déni de service contre un serveur Web de l’administration. L’impact sur l’ensemble des services de messagerie ou même d’accès Internet a été immédiat et la réponse a été tant technique que judiciaire. Ainsi, des règles de routage (blackholing) ont permis au bout de quelques heures de diminuer l’impact et l’enquête judiciaire a conduit dans les jours suivants à la saisie d’ordinateurs qui servaient en France – à leur insu – à relayer cette attaque. Virut semblerait être le logiciel malveillant exploité pour exercer cette attaque.
- Réseaux sociaux, menaces opportunités et convergence: Yann LE BEL (SNCF). On ne peut plus en douter aujourd’hui, au-delà de leur usage classique, les réseaux sociaux sont le lieu de tous les phénomènes sécuritaires des années à venir (gestion des conflits sociaux, communication des groupes criminels, rencontre avec les victimes, atteinte à l’image ou à la vie privée, diffusion de logiciels malveillants et autres méthodes d’escroquerie, etc.). 2010 devrait confirmer cette tendance et on peut parier sur une explosion de l’actualité sécuritaire autour des réseaux sociaux.
- Carte bancaire: Fabien DAVID (Telindus), la carte bancaire est l’objet de toutes les attentions en 2009. La carte à puce EMV n’est toujours pas universelle, le modèle de sécurité PCI est discuté, les malwares apparaissent sur les guichets automatiques de banque et certains schémas ne résistent pas au passage à l’an 2010… Beaucoup de travail en vue pour les spécialistes.
- Web 2.0, le 5ème pouvoir: Isabelle OUELLET (Sûreté du Québec) questionne l’impact du WEB 2.0 sur la société et l’émergence d’un cinquième pouvoir qui vient remettre en cause le pouvoir des médias, des gouvernements, et notamment des services de police. Sont cités notamment des cas de justice populaire numérique.
Une entreprise criminelle au microscope
Petite particularité pour cette année avec la présentation de François PAGET (McAFEE Labs) des résultats de ses recherches (avec un autre expert Dirk KOLLBERG) sur une entreprise ukrainienne aux activités manifestement douteuses et parfois illégales.
I[...] – et les sociétés qui lui sont directement liées (I[...], V[...], W[...], K[...], …) – produit notamment des faux antivirus et autres spywares ou scarewares (voir par exemple cet article sur Wikipédia). Pendant plusieurs mois ces experts ont amassé des dizaines de gigaoctets de documents sur les activités de cette société et exploré sa présence sur les réseaux sociaux.
Les enseignements: cette société a pignon sur rue, est organisée comme n’importe quelle SSII, recrute dans les grandes universités ukrainiennes (et certains de ses anciens employés sont maintenant dans de grands groupes internationaux) et elle réalise un chiffre d’affaires ahurissant (180 millions de dollars en un an). Elle dispose même d’un support technique pour ses clients malheureux, destiné à les arnaquer dans la durée !
Affaire à suivre donc !
Enquête sinistralité
Dans l’actualité du CLUSIF, le lancement de son enquête 2010 sur la sinistralité. L’enquête se déroulera au cours des six semaines à venir auprès des grandes entreprises et des administrations. A partir de mars, un groupe de travail étudiera les résultats de cette enquête.
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Conférences cyber des semaines à venir
Posté par Eric Freyssinet le 12 janvier 2010
Quelques conférences cyber des semaines à venir
:
- Demain, 13/01/2010, 15h, Cercle national des armées, Panorama de la Cybercriminalité – Bilan de l’année 2009, CLUSIF – Club de la sécurité de l’information français ;
- 04/02/2010, 9h à 17h15, ISEP, Université des correspondants informatiques et libertés (CIL), AFCDP – Association française des correspondants aux données personnelles ;
- 31/03 et 01/04/2010, Lille Grand Palais, 4ème Forum international sur la cybercriminalité, Gendarmerie nationale, avec le soutien financier de la Commission Européenne.
N’hésitez notamment pas à vous inscrire nombreux au FIC 2010.
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26C3 – Conférence du CCC à Berlin (4 et fin)
Posté par Eric Freyssinet le 4 janvier 2010
Le 26C3 s’est donc terminé mercredi par un certain nombre de présentations intéressantes:
Mercredi
- Mathias Payer, « SecuBT: Hacking the hackers with user-space virtualisation« , une plate-forme de virtualisation destinée à sécuriser l’exécution de code suspect (page Web du projet).
- hunz, « Finding the key in the haystack: a practical guide to differential power analysis« , une présentation didactique sur les méthodes d’attaque des implémentations de chiffrement par analyse différentielle de la consommation.
Voilà ce que j’ai pu noter pendant ces quatre jours de présentations accessibles en ligne. Les ateliers et autres événements auxquels ne pouvaient évidemment accéder que les personnes présentes sur place diffusent quand même un certain nombre d’informations.
Enfin, vous pouvez visualiser les présentations diffusées maintenant sur CCC-TV. Cet article clôture donc ma revue du 26C3.
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Bonne année 2010 !
Posté par Eric Freyssinet le 1 janvier 2010
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26C3 – Conférence du CCC à Berlin (3)
Posté par Eric Freyssinet le 31 décembre 2009
Troisième jour de cette conférence et la sélection que je vous en propose.
Mardi
- Erik Tews, « DECT (part II), what has changed in DECT security after one year« . Auteur d’attaques contre WPA/TKIP (voir cet article), Erik Tews faisait le point (avec Karsten Nohl) une année après une présentation faite au 25C3 sur les défauts de sécurité du chiffrement DSC et DSAA utilisés par le standard de communication sans fil DECT (http://www.dedected.org/). Cette année, ils exposent des scénarios d’attaque contre DSC et le DECT Forum a d’ailleurs annoncé par avance un certain nombre d’évolutions à venir dans le standard.
- Andrew Strutt (rodent) et DaBeave, « DDoS/botnet mitigation & hosting online communities« , sur l’impact des Botnets sur les communautés en ligne. En réalité une présentation très concrète sur la façon de sécuriser un serveur de communauté en ligne (forums Web, serveur IRC, etc…) contre les attaques typiques que peuvent créer les botnets et autres sources de problèmes.
- Harald Welte, « Using OpenBSC for fuzzing of GSM handsets« , sur le développement d’OpenBSC, les découvertes sur les difficultés des implémentations des protocoles du GSM et les potentialités en termes d’expérimentation de sécurité.
- Steven J. Murdoch, « Optimised to fail« , sur la sécurité des lecteurs de carte bancaire anglais destinés au commerce ou à la banque en ligne. Il propose un certain nombre de pistes d’amélioration.
- Moti Yung, « Yes we can’t ! On kleptography and cryptovirology« , sur les diverses utilisations des techniques de chiffrement par les logiciels malveillants. Site web sur la cryptovirologie.
- Dan Kaminsky, met en évidence dans sa présentation « Black Ops of PKI » un certain nombre de défauts dans les procédures prévues par le protocole X509 sous-jacent dans la gestion des infrastructures de gestion de clés publiques. Notamment le fait que sur Internet il existe une égalité de fait des autorités de certification, que la délivrance de certificats est le plus souvent basée sur le protocole DNS (très critiqué par Kaminsky), etc. Il passe notamment un certain temps à montrer les problèmes d’implémentation liés à l’encodage ASN.1 utilisé dans les certifications X509 (par Internet Explorer notamment, mais sans préciser la version). Il finit par une promotion appuyée de DNSSEC (par ici, un commentaire d’Ivan Ristić sur cette prestation). Pas très neuf au final, déjà développé par Kaminsky à Black Hat USA 2009, Toorcon, et peut-être à d’autres conférences.
Using OpenBSC for fuzzing of GSM handsets
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26C3 – Conférence du CCC à Berlin (2)
Posté par Eric Freyssinet le 30 décembre 2009
… suite du suivi des présentations intéressantes du 26C3 (vues en vidéo par Internet, les commentaires de personnes qui sont effectivement à Berlin sont les bienvenus) :
Lundi
- Michael Brennan a exposé ses travaux à l’université de Drexel sur la « Stylométrie ». Il s’agit de l’attribution d’un texte à un auteur à partir de son étude linguistique. La présentation portait aussi sur les impacts de ces méthodes en matière de vie privée: peut-on se faire passer pour un auteur, peut-on détecter un pastiche, peut-on cacher son style ?
- Un français, Sébastien Bourdeauducq (alias lekernel), a présenté son travail sur la plateforme Milkymist de synthèse d’effets spéciaux visuels. Il s’agit de développements réalisés sur un circuit logique programmable FPGA, en licence opensource.
- Collin Mulliner, « Fuzzing the phone in your phone » (déjà présenté au Black Hat USA 2009), travail conjoint avec Charlie Miller. Il s’agit d’insérer des SMS dans le téléphone mobile comme s’il les recevait du réseau (via la connexion modem du terminal) pour tester différentes hypothèses et concevoir des attaques par SMS (attaque en déni de service contre l’IPhone, Android ou Windows Mobile) et surtout permet de détecter des bugs dans les téléphones.
- FX de l’équipe Phenoelit présente des travaux sur la protection contre les attaques basées sur du contenu riche sur Internet (il a étudié les animations Flash malveillantes). Il s’agit de tester les applications Flash avant leur exécution. On peut trouver de l’information sur ce projet sur son site et ici un lien vers un article qui rend compte de cette présentation.
- Henryk Plötz et Karsten Nohl, ont renouvelé l’attaque qui avait défrayé la chronique sur la classe de produits Mifare Classic il y a deux ans, mais cette fois sur Legic Prime, un produit de contrôle d’accès sans contact d’origine Suisse. Ils avertissent que cela ne concerne pas pour l’instant les nouveaux produits de cette société (Legic Advant). Un autre article qui rend compte de cette présentation ici.
- Sous le pseudo nibbler, une présentation intitulée « Haste ma’n netblock« , au sujet de la récupération légale (ou non) des blocs d’adresses IPv4 alloués mais non utilisés…
- Philippe Langlois et Vanessa Brunet, dans « SCCP hacking, attacking the SS7 & SIGTRAN applications one step further and mapping the phone system« , sujet déjà présenté ce mois-ci à Sao Paulo. Y sont présentés différentes vulnérabilités, possibilités d’attaques et solutions de sécurisation des réseaux de téléponie modernes.
A noter que les vidéos officielles sont maintenant disponibles.
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26C3 – Conférence du CCC à Berlin (1)
Posté par Eric Freyssinet le 28 décembre 2009
La 26ème conférence du Chaos Computer Club se tient cette semaine à Berlin, du 27 au 30 décembre 2009. En effet, cette association allemande organise depuis 1984 une conférence annuelle qui réunit plus de 2000 participants. Le caractère assez ouvert de cette événement permet à tout un chacun de voir en direct sur Internet les présentations qui ont lieu dans les différentes salles. Je vous propose un résumé de quelques présentations intéressantes auxquelles j’ai pu assister ainsi grâce à la magie d’Internet.
Le programme est accessible sur le Wiki de la conférence.
27 décembre 2009
- Jérémie Zimmermann (la Quadrature du Net) s’est exprimé sur la neutralité du Net ;
- Philippe Oeschlin (société Objectif Sécurité) a consacré son exposé à des failles de sécurité dans différentes applications commerciales de chiffrement (une clé USB sécurisée et deux logiciels de création de volumes chiffrés). L’intérêt de sa démonstration est qu’il n’est nul besoin de se lancer dans une attaque brute contre des systèmes de chiffrement particulièrement puissants, mais qu’il vaut mieux pour le cryptanalyste s’intéresser aux défauts de l’implémentation. Les défauts remarqués (et parfois corrigés depuis par les fabricants): l’envoi par la clé USB d’informations vers le système sur les mots de passe, un fichier de contrôle un peu fragile accompagnant le conteneur chiffré et un code de contrôle qui révèle beaucoup d’informations sur les mots de passe (permettant de le craquer en 2h30 au lieu de 1.7 année !). Philippe Oeschlin souligne aussi qu’aucun de ces systèmes n’utilise de sel pour initialiser le chiffrement et sont donc sensibles à la mise en place de tables arc-en-ciel (concept que Ph. Oeschlin a inventé).
- La démonstration par Qin Liu d’une expérience d’interception d’informations transmises par un système de cryptographie quantique. Une fois de plus ce n’est pas la cryptographie quantique qui est ici en cause, mais la façon dont elle a été implémentée.
- Chris Paget et Karsten Nohl ont fait une présentation assez intéressante sur les défauts inhérents au chiffrement A5/1 utilisé dans la téléphone GSM et ont cherché à démontrer la faisabilité des interceptions de la voie radio de ces communications (au passage, je tiens à rappeler que la fabrication ou la détention d’un tel dispositif sont illégales, au moins en France, en vertu de l’article 226-3 du code pénal) – à noter le buzz que commence à faire cette histoire (et ici) et le projet avait déjà été évoqué précédemment.
- Fabian Yamaguchi a fait une présentation particulièrement vivante (ma préférée parmi celles que j’ai pu voir au cours de cette première journée) sur des défauts de sécurité dans différents protocoles réseau ou leurs implémentations (attaque de failles dans un client de messagerie instantanée, dans un pilote de périphérique Ethernet, dans Squid – un proxy Web, etc…), qu’il déroule dans un scénario limpide et à la difficulté croissante (accrochez-vous quand même !).
Vous pouvez aussi visualiser les présentations sous forme de fichiers vidéo en téléchargement (lien temporaire pendant la conférence). La suite de mes impressions demain.
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Cyberformation contre cybercriminalité (Bulletin de l’ILEC)
Posté par Eric Freyssinet le 23 décembre 2009
Le numéro 404 du bulletin de l’ILEC (Institut de liaison et d’étude des industries de la consommation, site Web de l’association par ici…) publie un numéro spécial sur la cybercriminalité. Il se présente sous la forme d’entretiens sur les sujets suivants:
- Une mutation du crime organisé, entretien avec Myriam Quéméner, page 1
- L’entreprise dans la ligne de mire, entretien avec Joël Ferry, page 4
- Information bien gardée, entreprise avisée, par Rémy Février, page 5
- Un mal inéluctable, entretien avec René Henri Legret, page 7
- Cyberformation contre cybercriminalité, entretien avec Eric Freyssinet, page 9
- ANSSI, nouvelle arme de l’État, entretien avec Michel Benedittini, page 11
- Vers une cyber-ONU, entretien avec Christian Aghroum, page 12
- Une vigie de la cybercriminalité mondiale, entretien avec Régis Fohrer, Dominique Schoenher et Rémy Février, page 14
- Maîtres-toile contre cyberbrigands, entretien avec Jean-Paul Pinte (son blog), page 15
Merci à Jean-Watin Augouard d’avoir retranscrit ainsi nos échanges.
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Atelier « Droit à l’oubli numérique »
Posté par Eric Freyssinet le 13 novembre 2009
Sciences Po. Paris accueillait ce matin, 12 novembre 2009, un atelier organisé à l’initiative de Madame Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, secrétaire d’État chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique. Portant sur le « Droit à l’oubli numérique », l’atelier était organisé en deux tables rondes abordant successivement l’oubli des traces et l’oubli des données publiées volontairement.
Présidé par la secrétaire d’État, le débat était animé par Bernard BENHAMOU, délégué aux usages de l’Internet. Alex TÜRK, président de la CNIL et sénateur du Nord était chargé de quelques mots en ouverture, tandis que Daniel LE METAYER (INRIA) a fait une rapide présentation sur les méthodes de préservation de la vie privée.
On saluera au passage la présence de parlementaires aux tables rondes (le député Patrice MARTIN-LALANDE et le sénateur Yves DÉTRAIGNE) ou dans la salle (Lionel TARDY, son blog-compte-rendu).
Dans son préambule, la ministre a rappelé la création d’un hashtag #oubli sur Twitter pour ceux qui souhaitent échanger par ce moyen.
Introduction par Alex TÜRK
Le président de la CNIL a rappelé que le droit à l’oubli était en réalité une préoccupation permanente de la commission, car effectivement à la base des règles de gestion des données personnelles au travers de la durée de conservation de ces données et du droit d’opposition. Il propose ensuite de remplacer l’attitude trop généralement rencontrée du « je n’ai rien à me reprocher », donc « ça ne m’embête pas que toutes ces données soient disponibles à mon sujet » (sous-entendu sur les réseaux sociaux et Internet en général) par le souci de son intimité, considéré comme une liberté fondamentale (consacrée par ailleurs dans le code pénal aux articles 226-1 et suivants). Enfin, M. TÜRK offre une première conclusion en faveur d’un gouvernement transparents et de citoyens non-transparents. Baudelaire faisait ainsi référence au « droit de se contredire et de s’en aller ».
L’oubli des traces
Cette première table ronde rassemblait des avocats et juristes, ainsi que des professionnels de l’Internet, dont la présence notable de Peter FLEISCHER (son blog), responsable de la protection des données personnelles chez Google.
On a ainsi pu noter au travers des annonces faites par Google et Microsoft une évolution des pratiques professionnelles vers une plus grande transparence (comme le Dashboard de Google) ou le souci de la protection de la vie privée dès la conception des outils (comme les PETs mis en œuvre notamment par Microsoft). En forme de conclusion, le député Patrice MARTIN-LALANDE appelle les acteurs professionnels à investir une partie de leurs bénéfices dans l’innovation permettant une meilleure gestion par les individus de leurs traces.
L’oubli des données publiées volontairement
Cette deuxième table ronde a notamment permis d’entendre, par la voix d’Alain GAVAND, la position des professionnels du recrutement. Ainsi, l’association A compétence égale publie une charte réseaux sociaux, Internet, vie privée et recrutement. Parmi les professionnels présents à la table ronde, le représentant de Skyblogs, Jérôme AGUESSE a dû reconnaître leur impuissance face au phénomène des dédipix, ces images non pornographiques mais parfois très intimes publiées par leurs usagers. Enfin, Valérie SÉDALLIAN, avocate, a témoigné d’une affaire qu’elle a eue à traiter qui démontrait la difficulté de protéger les internautes des données publiées sur des plateformes hébergées pour l’essentiel en dehors des juridictions européennes et le sénateur Yves DÉTRAIGNE a d’ailleurs regretté l’impuissance du législateur à faire évoluer ce problème.
Conclusion par Madame Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET
Le mot de la fin est revenu à la présidente de cet atelier. Ainsi, a-t-elle souligné qu’on n’avait pas eu suffisamment le temps d’évoquer les cas des données qui échappent totalement au contrôle de l’individu: les données personnelles qui le concernent et qui sont publiées par d’autres personnes ou celles que l’on peut reconstituer (elle a notamment évoqué une étude du MIT qui démontre la possibilité de deviner l’orientation sexuelle d’une personne à partir de sa liste d’amis sur Facebook).
La secrétaire d’État appelle à poursuivre les débats sur Twitter, mais aussi sur le futur site du Secrétariat d’État qui sera lancé le 25 novembre 2009. Elle souhaite que les débats sur la gouvernance de l’Internet deviennent plus institutionnels et propose enfin que la discussion sur le droit à l’oubli puisse permettre de commencer à discuter d’harmonisation mondiale des pratiques de protection des données personnelles.
Commentaires personnels
L’écoute attentive de ces ateliers m’amène quelques réflexions. D’abord, il ne faut pas oublier qu’une partie du débat en matière de traces et d’oubli porte sur l’obligation qui doit être faite aux acteurs techniques de conserver les données permettant d’identifier les auteurs de contenus diffusés sur Internet ou l’utilisateur d’une adresse IP. Ainsi, le droit à l’oubli ne doit pas faire oublier le devoir de responsabilité individuelle de ses actes et le droit fondamental à la sûreté.
Sur le débat de l’application du droit français à des sites hébergés à l’étranger, il faut d’abord rappeler que le droit pénal français s’applique dès lors que l’un des faits constitutifs de l’infraction a lieu sur le territoire de la République française (article 113-2 du code pénal) et la jurisprudence a régulièrement retenu le fait qu’un site Internet puisse être visible depuis la France et concerne directement des citoyens français peut constituer un élément de cette infraction. Ensuite, l’article 113-7 prévoit très clairement que « la loi pénale française est applicable à tout crime, ainsi qu’à tout délit puni d’emprisonnement, commis par un Français ou par un étranger hors du territoire de la République lorsque la victime est de nationalité française au moment de l’infraction. »
Donc dans les cas où la victime est de nationalité française et en matière pénale, les outils existent bien et il nous revient de les faire appliquer, y compris contre des entreprises situées à l’étranger. Ce sera le cas pour des infractions de presse punies par une peine de prison, telles que les propos appelant à la violence en raison de la race, des pratiques sexuelles ou du handicap.
Le débat subsiste en matière civile, mais dans l’affaire AAARGH le juge s’était bien estimé compétent.
Enfin, Guillaume Desgens-Pasanau publie une tribune sur ce sujet d’actualité sur le blog de notre ouvrage.
Publié dans Prospective | Taggé: Economie numérique, NKM, Oubli | Laisser un commentaire »



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