Assises de la sécurité 2012 – Jour 1

Les Assises de la sécurité sont un des événements importants qui jalonnent l’année des professionnels de la sécurité des systèmes d’information en France où se rencontrent la communauté des RSSI (responsables en sécurité des systèmes d’information) et ceux qui leur apportent des solutions. Elles se déroulent sur trois jours alternant conférences invitées, ateliers de partage d’expérience et salon professionnel.

L’allocution d’ouverture donne cette année la tonalité avec une présentation remarquée de Patrick Pailloux, directeur général de l’ANSSI (agence nationale de la sécurité des systèmes d’information). Il propose trois points clés pour l’action des mois à venir:

  • Poursuivre les efforts en matière d’hygiène élémentaire de sécurité, sujet qu’il avait promu lors de son intervention en fin des Assises l’an dernier. L’ANSSI publie ainsi aujourd’hui une première version d’un document contenant 40 règles permettant de concrétiser cette hygiène élémentaire dans les entreprises. Il est plutôt destiné aux organisations de taille moyenne à grande, même si l’essentiel des règles sont transposables dans les petites structures. L’ANSSI souhaite recevoir rapidement les premières réactions et propositions constructives pour améliorer ce document.
  • Savoir dire non. De la même façon qu’il existe des règles contraignantes pour emprunter les routes, il est important que les règles édictées pour la sécurité des systèmes d’information soient prises en compte sérieusement et contrôlées au sein des organisations. Elles sont nécessaires pour protéger les données et applications sensibles de l’entreprise. Il faut que les responsables et leurs hiérarchies soient en mesure de ne pas céder à toutes les modes, tout en apportant des solutions aux besoins premiers des organisations dans l’environnement concurrentiel ou en tous cas moderne dans lequel elles évoluent. Patrick Pailloux citait ainsi tout autant l’exemple des règles élémentaires autour de l’utilisation des contrôles d’accès aux applications (fermer l’accès quand on quitte son bureau) que la sécurité des accès nomades ou l’arrivée des objets communicants personnels dans les organisations.
  • Enfin, le directeur général de l’ANSSI a mis en avant la préoccupation principale de l’agence aujourd’hui: la sécurité des systèmes industriels et il a réaffirmé avec conviction la nécessité de déconnecter ce type de systèmes de l’Internet et d’explorer d’autres modes d’interaction entre les systèmes de production et les systèmes de communication classiques.

Ces Assises commencent donc avec un message placé sous le signe de l’ambition et de l’appel à l’action.

Comment on attrape un virus informatique ?

… aujourd’hui. En effet, la réponse à cette question est très mouvante et évolue avec le temps. Il y a quelques années encore, beaucoup de virus informatiques se diffusaient sur Internet sous forme de vers, se propageant d’une machine à une autre, mais vraisemblablement parce que de plus en plus d’ordinateurs ne sont plus connectés directement à Internet, ce n’est plus le mode de diffusion privilégié. En effet, derrière des box ADSL, même si vos ordinateurs, tablettes et autres télévisions connectées ne sont pas totalement protégés, ils ne sont pas directement et totalement accessibles depuis l’extérieur comme on pouvait l’être quand on se connectait avec un modem directement connecté à l’ordinateur.

Rançongiciel sous forme de fausse solution antivirs – Source: botnets.fr

Je vous propose de parcourir quelques modes de propagation qui, vous allez le voir, parfois s’entrecroisent. En effet, de la même façon qu’il est parfois difficile de classifier les logiciels malveillants, il est parfois tout aussi difficile de tracer une frontière entre ces différents modes de contamination.

L’installation par l’utilisateur

Ce mode de propagation permet notamment des attaques ciblées, par exemple en envoyant un lien spécifique ou une pièce jointe à une victime donnée. Il repose sur la confiance qu’a la victime dans le contenu qui lui est présenté, soit parce qu’il semble provenir d’une personne de confiance, soit parce que le sujet l’intéresse. Il peut s’agir directement d’un programme informatique qu’on est invité à installer ou qu’on souhaite soi-même installer, ou alors d’un document qui va exploiter une faille du logiciel permettant de l’afficher (PDF, document Word ou même encore une simple image qu’on ouvre dans le logiciel par défaut de son ordinateur, comme ce fut le cas avec le Kodak Image Viewer livré avec certaines versions de Windows). Dans tous les cas, c’est la victime qui clique sur le fichier pour l’ouvrir volontairement. Dans certains cas, il se peut que cette transmission soit réalisée par un ver (voir paragraphe plus bas) qui a contaminé l’ordinateur ou pris le contrôle du compte de réseau social ou de courrier électronique d’un ami. Bien évidement une personne malintentionnée peut aussi profiter d’un mot de passe défaillant ou d’un moment d’inadvertance pour installer un virus sur l’ordinateur de sa victime, soit en accédant physiquement à l’ordinateur, soit en y accédant à distance.

Les supports amovibles

Ici encore, c’est la victime qui est invitée à agir, en connectant un support amovible (souvent une clé USB, comme dans le cas du célèbre Stuxnet) sur son ordinateur. Ces clés vous arrivent de personnes en qui vous faites confiance (collègues de travail, amis, contacts professionnels) ou bien encore sont parfois trouvées dans la rue (cet été la société néerlandaise DSM semble avoir été victime d’une tentative d’attaque réalisée de cette manière). Ici, différentes techniques sont utilisées pour rendre invisible la contamination, celle-ci se réalisant automatiquement, par exemple avec les fonctions de démarrage automatique des systèmes d’exploitation.

… et les partages réseaux

Dans un environnement familial (disque dur partagé sur le réseau local pour mettre en commun documents, musique, films…) et surtout professionnel, ce type de contamination est particulièrement courant. Dans certains cas, on a vu qu’il pouvait être beaucoup plus efficace que les supports amovibles puisqu’on fait un peu plus confiance par défaut à un partage interne ou encore parce que certains environnements professionnels imposent d’exécuter au moment de leur connexion des fichiers de configuration se trouvant dans ces répertoires partagés.

Les vers

Les différents modes de contamination décrits ci-dessus sont parfois comparés aux vers, notamment lorsqu’on parle des espaces partagés, mais ils ont tous la particularité de passer par des étapes intermédiaires avant de contaminer l’ordinateur cible. En effet, on parlera plus facilement de vers pour les propagations qui se font directement d’une machine à une autre, exploitant une faille dans tel ou tel protocole réseau ouvert sur une machine. La plupart des vers exploitent une faille ou un type de protocole spécifique, même si certains ont plusieurs modes de diffusion. Ainsi, le ver Conficker, encore très présent aujourd’hui sur Internet, utilise trois modes de propagation (voir cet article de synthèse par P. Porras et al.): une vulnérabilité d’un des protocoles de communication réseau sous Windows (MS08-067), mais aussi le partage de répertoires sur les réseaux locaux ou encore le partage de supports amovibles. Dans certains cas, ces vers vont exploiter des trous laissés ouverts par d’autres virus informatiques. Enfin, les vers peuvent aussi profiter des plateformes de communication par courrier électronique ou sur les réseaux sociaux (comme le ver Koobface) pour atteindre leurs victimes.

Les plateformes d’exploits

Il s’agit ici d’exploiter des failles dans les différents composants qui servent à afficher des contenus provenant d’Internet, le plus souvent dans les navigateurs (Internet Explorer, Chrome, Firefox, etc.), mais aussi dans les clients de messagerie (Thunderbird, Outlook, etc.) qui affichent le même type de contenus riches. Et il y a plusieurs niveaux d’attaque: directement dans les fonctions du navigateurs, mais aussi dans les extensions les plus courantes qui permettent d’afficher des contenus enrichis (Flash et Java en particulier). Dans certains cas, l’interaction de l’utilisateur est recherchée, pour valider l’installation d’un module complémentaire.

Ces plateformes sont hébergées sur des serveurs Web et sont particulièrement recherchées aujourd’hui par les délinquants qui veulent diffuser des logiciels malveillants, parce qu’elles permettent d’atteindre directement le poste de l’utilisateur et se montrent très efficaces avec selon les pays des taux de contamination oscillant autour de 10% des visiteurs.

Elles ont des noms guerriers ou en tous cas très commerciaux (Blackhole, Sakura, Sweet orange,… voir la catégorie Plateforme d’exploits sur botnets.fr – @botnets_fr) ; elles sont ainsi un des indicateurs les plus forts de l’évolution de la cybercriminalité vers une véritable activité de services, avec des bannières publicitaires sur les forums où se discutent les marchés illégaux, de véritables services après vente allant jusqu’à rembourser des clients mécontents, et une gestion très avancée des besoins des utilisateurs. Leur démarche est très agressive, comme lorsque le créateur de Blackhole, surnommé Paunch, s’est empressé à la fin du mois d’août d’intégrer la toute dernière vulnérabilité Java ou encore cette semaine avec la sortie d’une version 2 avec toutes sortes de nouvelles fonctionnalités (dont beaucoup ont pour objet de protéger celui qui l’exploite des enquêtes judiciaires ou de la surveillance des chercheurs en sécurité informatique – voir cet article par @Kafeine ou une autre synthèse chez Sophos).

Création de trafic

Exemple de courrier électronique redirigeant vers une plateforme d’exploit en se faisant passer pour une application Facebook (source: Sophos)

Le délinquant qui veut diffuser un logiciel malveillant va donc installer une telle plateforme d’exploit, ou plus vraisemblablement louer les services de groupes qui se sont spécialisés dans leur administration, car en effet il vaut mieux disposer d’un grand nombre de serveurs différents, savoir administrer de façon sécurisée un serveur Web, gérer les mises à jour, etc. Il va ensuite devoir attirer des visiteurs vers la plateforme, sous formes de campagne de spam ou encore en insérant un code particulier dans des pages Web: des bannières publicitaires ou encore des sites Web légitimes, comme nous l’évoquions au début de l’année pour la diffusion des rançongiciels. Encore ici, ce sont des services criminels qui se sont développés autour de la création de trafic et ils vont louer leurs services à ceux qui veulent créer un botnet. On les appelle parfois traffers.

Techniquement, le chargement du code malveillant depuis la plateforme d’exploit est réalisé par l’inclusion d’une fenêtre invisible au sein de la page Web, par des balises de type « iframe » qui ressemblent à ce code:

Directement dans le serveur Web

Et les traffers innovent eux aussi récemment: on a ainsi découvert récemment un module qui s’ajoute dans les serveurs Web de type Apache et injecte dans tout ou partie des pages Web diffusées les balises permettant d’insérer des contenus cachés provenant des plateformes d’exploit. C’est une évolution importante par rapport aux modes de diffusion classique suite à un piratage de serveur Web qui supposent de modifier de nombreux fichiers pour obtenir le même résultat. Ainsi, on pourrait imaginer qu’un serveur mutualisé, utilisé par des centaines de webmestres, intègre automatiquement ces vecteurs d’attaque sans qu’ils ne puissent eux-mêmes voir de modifications dans le code des pages Web ou des scripts PHP ou Javascript qu’ils ont chargé sur le serveur. On pourra lire les articles sur ce module Darkleech d’Unmask parasites, Webmasterworld ou encore Day by day par @it4sec.

Et même directement dans la chaîne de fabrication

L’action récente de l’équipe de lutte contre la cybercriminalité de Microsoft contre le botnet Nitol a permis de mettre en évidence que les logiciels malveillants pourraient parfois être insérés au moment de la fabrication de certains ordinateurs, ici au travers de l’installation de version contrefaites du système d’exploitation Windows. Ce problème n’est pas totalement nouveau, car des erreurs ont parfois été mises en évidence lors du recyclage de disques durs partis en maintenance, ou encore lors du téléchargement de versions contrefaites de systèmes d’exploitation, mais c’est – il me semble – la première fois qu’une diffusion massive de logiciels malveillants est identifiée dans une chaîne de distribution de matériels informatiques.

Comment se protéger ?

Je le répète souvent, mais il est important de se tenir informé et d’informer sa famille, ses amis, ses collègues sur les risques. La connaissance de ceux-ci aide à éviter les actions qui favorisent les infections virales. Des forums peuvent vous aider à vous sortir de ces situations (Malekal, CommentCaMarche,…) .

Il faut se méfier à tout prix des sources alternatives de diffusion des systèmes d’exploitation ou des logiciels, qu’il s’agisse de contrefaçons ou de plateformes de téléchargement. Bien entendu, ce conseil vaut pour les logiciels commerciaux ou ceux qui sont diffusés sous des licences libres (dans ce dernier cas on recherchera par exemple des miroirs officiels ou de confiance).

Tenir à jour son système d’exploitation et tous les logiciels ou modules complémentaires qu’on a installés, particulièrement ceux qui sont les plus ciblés à savoir les outils de navigation Internet ou encore les clients de discussion en ligne. On pourra compléter son navigateur d’extensions de sécurité, comme je le décrivais dans un article précédent.

Quoi qu’en disent certains enfin, l’installation d’un antivirus est indispensable sur les systèmes d’exploitation grand public. Cet antivirus, gratuit ou payant, doit absolument être maintenu à jour et sera systématiquement utilisé pour vérifier la sécurité d’une clé USB de source extérieure. Enfin, désactivez les fonctions de démarrage automatique (USB ou réseau) si elles ne sont pas indispensables dans votre environnement (voir cet article pour Windows XP, 2000, 2003).

Compléments

  • Un article intéressant par Brett Stone-Gross (Dell SecureWorks) sur la façon dont se diffuse le botnet Gameover (une variante de ZeuS)

Vulnérabilité Java CVE-2012-4681 – Et si on devenait enfin responsables !

In English anglais

Mise à jour : 30/08/2012 20h10

Oracle vient de publier une mise à jour au moteur Java standard (versions 6 et 7). Il vous est recommandé de le mettre à jour si vous avez Java installé sur votre machine.

Une mise à jour de l’information sur cette vulnérabilité est publiée sur le site d’Oracle. Une analyse de la mise à jour est publiée ici.

Le tweet où tout commence

Vous en avez peut-être entendu (ou lu) parler ici (Korben), ici (eh oui ça touche les Mac aussi!), au Monde Informatique ou même ici (l’ANSSI vous en parle)… Assez peu toutefois dans la presse grand public (en tous cas je n’ai rien trouvé ?), même si des blogs destinés à un public assez large l’évoquent en détail (Numérama ou Malekal).

Il s’agit d’une faille (apparemment un cumul de deux failles), dites 0-day, parce que non révélées auparavant et encore exploitables parce que le produit qui est ciblé n’a pas encore été corrigé. Cette vulnérabilité, référencée sous le nom de code « CVE-2012-4681 » dans la base de référence américaine du MITRE, touche le moteur Java de la société Oracle dans sa version 1.7, soit la plus récente. Le CERT US détaille la vulnérabilité.

Chronologie

On vit cette fois-ci un enchaînement et une combinaison de phénomènes particulièrement défavorable (Eric Romang analyse aussi une partie de cette chronologie):

  • 04/2012… (j’en parle un peu plus bas)
  • 26/08/2012, FireEye publie sur son blog l’annonce de cette vulnérabilité jusque là inconnue. Elle leur est révélée grâce à l’étude de ce qu’ils décrivent comme une attaque ciblée d’un de leurs clients (d’autres spécialistes comme Eric Romang ou la société Trend Micro ne croient pas à cette analyse, mais plutôt à une vulnérabilité circulant déjà peut-être depuis quelques mois, Symantec de son côté effectue un rapprochementavec les attaques ciblée d’une équipe surnommée Nitro)
    • FireEye a eu quelques jours auparavant des soucis avec une découverte qui n’en était pas une, alors qu’ils annonçaient avoir découvert un serveur de commande du botnet Gauss, commun avec celui d’un autre botnet semblable, Flame. En réalité c’est la société antivirus Kaspersky Lab qui avait mis en place un serveur pour reprendre le contrôle de ces deux botnets. Cela a peut être précipité leur publication expresse de l’information sur cette vulnérabilité.
  • L’annonce est reprise de nombreuses fois dans beaucoup de blogs sur la sécurité informatique, y compris avec des codes de démonstration (PoC). S’agissant d’une vulnérabilité indépendante des systèmes d’exploitation, elle est potentiellement exploitable sur tous, de Linux à Microsoft Windows en passant par MacOSX.
  • 27/08/2012, il semblerait que les développeurs de différentes plateformes d’exploit annoncent à leurs ‘clients’ qu’ils vont pouvoir profiter eux aussi de cette vulnérabilité très rapidement (Brian Krebs en parlait lundi au sujet de BlackHole et très vite des chercheurs en sécurité repèrent des serveurs malveillants qui l’exploitent) et selon Kafeine (et ici), l’exploit kit Sakura et Sweet orange semblent être sur les rangs. Je vous ai parlé des plateformes d’exploit dans mon article de décembre 2011 sur le rançongiciel gendarmerie ou dans l’article de février dernier sur le botnet Citadel.
  • 27/08/2012, toujours, Rapid7 annonce que sa plateforme de tests d’intrusion et d’évaluation sécuritaire Metasploit intègre cette nouvelle vulnérabilité dans sa batterie de tests;
  • 28/08/2012, en fin de journée, l’équipe du Kaspersky Lab pousse un petit coup de gueule. On ne sait trop si c’est contre FireEye (encore, la guerre de communication entre les sociétés de sécurité ?) ou bien contre ceux qui ont publié très rapidement des « PoC » (proof of concept, démonstrateurs de l’exploitation de la vulnérabilité).

  • 29/08/2012, on apprend qu’Oracle aurait été avisé de ces vulnérabilités dès le mois d’avril (ComputerWorld) par la société polonaise Security Explorations. Notons qu’il est normal que des vulnérabilités ne soient pas corrigées immédiatement par les développeurs d’un logiciel, le développement d’une correction demandant parfois de nombreux tests pour éviter que de nouvelles failles ou dysfonctionnements soient créés par ces changements.
  • 30/08/2012, à ce jour, Oracle ne reprend toujours pas l’alerte sur cette vulnérabilité et ne semble pas vouloir publier de mise à jour avant celle qui est programmée pour le mois d’Octobre 2012:

Quelque chose ne va pas dans le monde de la sécurité

Je suis assez d’accord avec certains qui ne sont pas satisfaits de cette chronologie, même si elle permet de démontrer un enchaînement particulièrement prévisible, mais qui est ici exacerbé, en moins de trois jours on aura eu:

  • Une société de sécurité qui publie brutalement des informations sibyllines, mais assez faciles à déchiffrer, relatives à une vulnérabilité;
  • Quelques heures après, des chercheurs s’empressent de publier presque en se faisant la course au premier qui le fera, grâce aux éléments diffusés par la dite société, des détails sur la vulnérabilité et la façon de l’exploiter;
  • Un éditeur qui ne communique pas vers son public sur les mesures qu’il envisage de prendre tout de suite ou prochainement;
  • Quelques heures après, les démonstrateurs publiés sont directement intégrés dans les plateformes d’exploits utilisées par les groupes criminels;
  • Très rapidement, des victimes se font exploiter de façon massive, notamment pour diffuser les virus bancaires et autres rançongiciels particulièrement actifs actuellement.

Il est grand temps que les professionnels de la sécurité informatique se mettent enfin d’accord sur des procédures responsables de divulgation des vulnérabilités et ce de façon coordonnée (développeurs, comme chercheurs en sécurité de tous bords). Au vu des conséquences des exploitations aujourd’hui possibles grâce au type de botnets qui sont en activité, il est fort probable que plus de 100.000 euros aient été déjà détournées de victimes à travers le monde (les montants sont difficiles à évaluer, mais c’est l’ordre de grandeur de ce qu’on constate comme gains sur certains botnets en un ou deux jours et comme beaucoup agissent en même temps et que cette vulnérabilité n’est pas forcément celle qui est utilisée pour toutes les attaques il est encore trop tôt pour être plus précis), et vraisemblablement le compteur va finir de tourner tant qu’une mise à jour de Java n’est pas massivement diffusée. Par ailleurs, depuis lundi, des milliers de responsables informatiques se grattent la tête à travers la planète pour savoir comment sécuriser leurs réseaux et s’échangent des scripts pour rapidement désactiver Java 1.7 chez leurs utilisateurs.

Que puis-je faire chez moi ?

Sur un ordinateur personnel, il est vraisemblable que vous n’ayez pas besoin très souvent de Java, même s’il est parfois nécessaire pour certaines applications disponibles en ligne. Il est donc raisonnable d’envisager de désactiver Java dans son ordinateur, au moins pour la version 1.7.

Plusieurs sites expliquent les procédures: le blog Malekal, ou encore ici en anglais. Vous pouvez vous prémunir de ce type d’attaques et bien d’autre en installant des extensions de sécurité telles que NoScript (http://noscript.net/ pour Firefox ou Notscripts ou Scriptno sous Chrome) qui vous permettent d’avoir un contrôle site par site du lancement grâce à des programmes intégrés (scripts) de ce type de modules depuis une page Web.

Dans une entreprise, beaucoup seront peut-être encore à la version précédente qui certes a d’autres vulnérabilités mais permet de faire tourner certaines applications. Si Java n’est pas nécessaire dans votre entreprise, il semble aujourd’hui urgent de le désactiver pour éviter tout incident. Si Java 1.7 est indispensable dans votre contexte, il existe des correctifs non officiels qui pourraient vous aider.

Faites circuler l’information et continuez de vous tenir informés des bonnes pratiques.

Mise à jour : 30/08/2012 20h10

Oracle vient de publier une mise à jour au moteur Java standard (versions 6 et 7). Il vous est recommandé de le mettre à jour si vous avez Java installé sur votre machine.

Une mise à jour de l’information sur cette vulnérabilité est publiée sur le site d’Oracle.

Les rançongiciels sont toujours très actifs

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Site d’information http://stopransomware.fr/

Au mois de décembre, nous faisions état du lancement de plusieurs campagnes de diffusions de virus se faisant passer pour des services de police dans toute l’Europe et au-delà, en France l’image de la gendarmerie étant particulièrement utilisée à cette fin. Une réunion de coordination s’est tenue au siège d’Europol à la Haye le 25 avril 2012.

Le développement de ces campagnes est évidemment très suivi par les services de police et des investigations sont en cours. Les chercheurs en sécurité et les sociétés spécialisées en sécurité publient de nombreuses analyses sur le comportement des virus impliqués, des infrastructures qui servent à les diffuser et des groupes qui semblent être derrière ces pratiques. La figure ci-dessous donne un résumé des variantes qui sont aujourd’hui observées – elles sont documentées aussi sur le wiki Botnets.fr dans la rubrique Police lock:

Variantes des rançongiciels policiers

Fonctionnement

Le principe rencontré est souvent très similaire:

  • La victime est attirée par différents moyens vers des plateformes d’attaques (exploit kits):
    • Affichage d’une bannière publicitaire sur un site Web légitime (sites à fort trafic, souvent des sites Web de streaming pornographique)
    • Affichage d’une page Web légitime dont le contenu a été modifié illégalement (des scripts malveillants ont été installés sur le serveur à l’insu de leurs propriétaires)
  • Selon la configuration de l’ordinateur de la victime, différents scripts lui sont présentés pour exploiter des vulnérabilités connues (notamment dans des extensions comme Flash ou Java) et un virus est téléchargé et installé.
  • Le virus affiche une page Web distante bloquant tout usage de l’ordinateur et réclamant le paiement d’une amende. Le contenu de la page est différent en fonction de l’adresse IP d’où la personne se connecte, pour s’adapter à son pays de résidence – en tous cas le pays d’où l’on se connecte.
  • Le paiement de cette rançon (il ne s’agit évidemment pas d’une amende légale) utilise des tickets de paiement électronique que l’on achète en général en France dans les bureaux de tabac (Ukash ou Paysafecard) et qui sont habituellement utilisés par les français sur des plateformes de jeux en ligne.
  • Le paiement de la rançon ne débloque évidemment pas l’ordinateur.
  • Certaines versions chiffrent des fichiers personnels et rendent le système encore plus difficilement utilisable.
  • Ils fonctionnent avec tous les principes des botnets : logiciel malveillant sur la machine de la victime, système de commande et de contrôle avec panneau de commande, réception d’ordres à exécuter (parfois même mises à jour et téléchargement d’autres virus), envoi d’informations vers le système de commande (les codes PIN des systèmes de paiement électronique).

Versions plus récentes

Les nouvelles versions continuent de se développer, notamment par leurs visuels, mais aussi par les infrastructures utilisées et donc vraisemblablement les équipes qui sont derrière:

Une nouvelle version du virus exploitant l’image de la gendarmerie française

Dans une autre variante, c’est l’image de la SACEM et de la police nationale française qui sont exploitées

Une autre version (repérée par Malekal.com) utilisant divers logos dont ceux de l’ANSSI et de l’OCLCTIC.

Que faire ?

Les points clés de l’action pour l’utilisateur final sont les suivants (on peut aussi consulter le document de prévention proposé par Europol):

  • Se tenir informé, et informer ses collègues et ses amis. L’information est cruciale pour prévenir les différentes formes d’escroquerie.
  • Tenir à jour son ordinateur (système d’exploitation, mais aussi tous les logiciels et les extensions que l’on utilise)
  • Ne jamais payer ce genre de rançons, elles ne débloquent pas la situation. Et on le rappelle: les services de police ne réclament pas le paiement d’amendes en bloquant les ordinateurs.
  • Si on est contaminé chez soi, ne pas hésiter à chercher de l’aide auprès d’amis, de forums d’entraide (comme forum.malekal.com) et auprès des sociétés spécialisées dans la lutte contre les virus.
  • Si on est contaminé au travail, il est important d’en parler à son responsable informatique ou son correspondant en sécurité des systèmes d’information. Ils doivent être au courant de ce type d’incidents et pourront vous aider à rétablir un équipement en fonctionnement normal sans perdre vos données.

Quelques liens vers des outils gratuits de décontamination (non exhaustive, pardon d’avance si j’en oublie) :

Le DNS cible de toutes les attaques?

Le DNS (domain name system – voir l’article de Wikipédia) est ce service qui permet à votre ordinateur de faire le lien entre un nom de serveur et une adresse IP. Il permet aussi aujourd’hui de diffuser de plus en plus d’informations contribuant à la sécurité des domaines sur Internet. L’actualité de ce début d’année 2012 offre de nouvelles occasions d’en parler, abordons deux d’entre elles:

  • DNS Changer, un logiciel malveillant que l’on croyait maîtrisé, fait encore et toujours parler de lui et pourrait très bien empêcher certains d’entre nous de naviguer d’ici quelques jours ;
  • Une nouvelle vulnérabilité dite des « domaines fantômes » (Ghost domains) a été révélée récemment par des chercheurs, qui pourrait permettre à des domaines abandonnés ou fermés de continuer à survivre dans certaines portions de l’Internet et permettre des abus.

DNS Changer

Le 9 novembre 2011, le ministère de la justice américain annonce (voir l’histoire telle que la raconte le FBI) la réussite de son opération Ghost Click. Ainsi six résidents Estoniens ont été interpellés pour avoir géré une opération criminelle qui leur permettait d’escroquer des millions d’internautes et un certain nombre de sociétés gérant des campagnes publicitaires.

Une variante du cheval de Troie Zlob avait été créée, apparemment en 2006 ou un peu avant, pour modifier de façon massive la configuration DNS des victimes. La première version de ce cheval de Troie, appelé DNS Changer par la plupart des sociétés antivirus, modifiait la configuration des systèmes d’exploitation pour que la résolution des noms de domaine ne soit plus réalisée par les serveurs de noms de domaine du fournisseur d’accès de la victime, mais par une batterie de serveurs gérée par le groupe criminel. Une version ultérieure permettait même la modification de la configuration de certains routeurs locaux (les boîtiers que l’on installe chez soi pour permettre l’accès à plusieurs ordinateurs au travers de la même connexion Internet).

Les serveurs de noms de domaine contrôlés par le groupe criminel étaient sur les adresses IP suivantes:

  • 85.255.112.0 à 85.255.127.255
  • 67.210.0.0 à 67.210.15.255
  • 93.188.160.0 à 93.188.167.255
  • 77.67.83.0 à 77.67.83.255
  • 213.109.64.0 à 213.109.79.255
  • 64.28.176.0 à 64.28.191.255

Ainsi, le trafic légitime des utilisateurs était détourné vers des sites commerciaux associés à ces criminels, conduisant par exemple les victimes à effectuer des achats sur des sites illégitimes, ou bien l’ordinateur affichait des campagnes publicitaires non prévues. Cela leur permettait aussi d’empêcher les mises à jour de logiciels antivirus.

Le groupe criminel était à la tête d’une société qui avait pignon sur rue, Rove Digital (voir la synthèse réalisée par Trend Micro), elle-même ayant plusieurs filiales (Esthost, Estdomains, Cernel, UkrTelegroup,…) – j’ai déjà évoqué Estdomains dans un article précédent sur les hébergeurs malhonnêtes. Comme on peut le lire dans l’article de Trend Micro, leurs activités ne se limitaient pas aux DNS malveillants (commercialisation de faux antivirus notamment).

Des serveurs DNS remplacés par des serveurs sûrs, mais plus pour longtemps

Grâce à une décision judiciaire et l’assistance de sociétés spécialisées dans la sécurité informatique (regroupées dans le groupe de travail DCWG), l’ensemble de ces serveurs de noms de domaine ont été remplacés par des serveurs légitimes (gérés par ISC). L’avantage d’une telle solution est qu’elle n’a pas soudainement coupé des millions de personnes d’un accès normal à Internet. L’inconvénient est qu’elles ne se sont pas forcément rendues compte qu’elles étaient concernées.

Cette solution est à comparer à celle qu’ont employée les autorités néerlandaises lors du démantèlement du botnet Bredolab. Dans ce dernier cas, les victimes étaient redirigées, grâce à l’utilisation de fonctions intégrées dans le logiciel malveillant, vers une page Web les avertissant de la contamination:

Message de la police néerlandaise pour avertir les victimes du botnet Bredolab

Mais, dans les prochaines semaines, vraisemblablement le 8 mars, les serveurs gérés par le DCWG ne fonctionneront plus et les ordinateurs qui sont encore contaminés par ce logiciel malveillant ou qui ne sont pas complètement reconfigurés ne pourront plus accéder normalement à Internet, les serveurs DNS qu’ils utilisent n’étant plus accessibles. Il est donc important de vérifier qu’on n’est pas concerné.

Pour vous aider à faire cela, des serveurs Web ont été mis en place dans différentes parties du monde qui vous permettent de vérifier si vous pouvez être concerné. Ainsi le CERT-LEXSI a mis en place la semaine dernière un serveur http://www.dns-ok.fr/ qui doit vous afficher l’une des pages ci-dessous:

Tout va bien

Rien ne va plus

Si vous voulez aller plus loin et vérifier plus avant votre configuration, vous pouvez consulter ce document en anglais diffusé par le FBI (voir le PDF joint) et qui donne un peu plus de précisions sur les vérifications à effectuer. En pratique, il s’agit de vérifier que la configuration DNS de vos ordinateurs ou routeurs locaux ne pointe pas vers l’une des adresses IP listées plus haut dans l’article.

Vous trouverez d’autres ressources ici: http://www.dcwg.org/checkup.html et notamment une liste de serveurs de diagnostic par le Web ici: http://dns-ok.de/, http://dns-ok.be/, http://dns-ok.fi/, http://dns-ok.ax/, …

Que faire si vous pensez être concernés?

Les conseils sont ceux que l’on donne habituellement lors de la découverte d’une contamination virale informatique: sauvegardez vos données les plus sensibles, mettez à jour votre logiciel antivirus (après avoir réglé correctement votre configuration DNS) et lancez une procédure décontamination au démarrage si elle est disponible dans votre logiciel et n’oubliez pas de faire le ménage sur tous vos supports amovibles (clés USB) qui sont connus pour avoir été utilisés pour la diffusion de cette catégorie de logiciels malveillants. Vous trouverez d’autres conseils sur le blog Malekal.

Est-ce qu’il s’agissait d’un botnet ?

Oui. Il ne s’agit pas de la structure classique d’un botnet tel qu’on l’imagine habituellement (logiciel malveillant qui reçoit des commandes sur un serveur IRC ou en se connectant sur un serveur Web), mais il y a un bien une infrastructure de commande (les centaines de serveurs DNS de Rove Digital/Esthost), un langage de communication particulier au travers de ces serveurs DNS, et une prise de contrôle assez avancée du comportement de la machine des victimes. Cette organisation malveillante rentre donc bien dans la définition que nous donnons d’un botnet sur le wiki Botnets.fr.

C’est exactement ce que dit Trend Micro dans son article sur ce dossier. J’avais évoqué d’autres modes de commande originaux pour des botnets sur ce blog: des images ou des Google groups.

Les domaines fantômes

La vulnérabilité dite des ghost domains n’a aucun rapport avec l’opération Ghost Click que nous venons d’évoquer, mais elle concerne bien une faille dans les serveurs DNS, même si elle n’a pas d’impact immédiat pour la plupart des lecteurs de ce blog.

Des chercheurs chinois et américains (Jian Jiang, Jinjin Liang, Kang Li, Jun Li, Haixin Duan et Jianping Wu) ont ainsi mis en évidence, dans un article intitulé Ghost Domain Names: Revoked Yet Still Resolvable (voir le PDF), qu’il était possible de maintenir, dans la mémoire cache d’une grosse partie des serveurs DNS répartis sur la planète, la résolution d’un nom de domaine qui n’est normalement plus actif, longtemps après qu’il ait été révoqué.

En théorie, cela permet par exemple de maintenir en activité un système de commande et de contrôle d’un botnet longtemps après qu’il ait été mis hors service.

Principe de la vulnérabilité

Le principe décrit par les auteurs suppose d’interroger l’ensemble des serveurs DNS dans lesquels on cherche à maintenir l’information vivante, avec des requêtes qui provoquent une mise à jour. Pour ce faire:

  • si le nom de domaine que l’on cherche à protéger est fantome.com
  • que le serveur de nom de domaine principal de ce domaine est dns.fantome.com (pointant vers l’adresse IP x.y.z.t
  • on modifie le nom du serveur pour un autre, soit par exemple test.fantome.com (pointant toujours vers x.y.z.t)
  • et on interroge ensuite chacun des serveurs DNS attaqués pour qu’ils identifient test.fantome.com
  • comme ils ne connaissent pas test.fantome.com mais savent déjà résoudre les adresses du domaine fantome.com, ils se connectent sur x.y.z.t et se rendent alors compte qu’il a changé de nom et mettent à jour le serveur de nom de domaine pour fantome.com avec la valeur test.fantome.com et réinitialisent la valeur du TTL (time to live, voir Wikipédia), qui constitue en quelque sorte la date d’expiration de l’information dans le cache local du serveur DNS.

Ainsi, pour tous les serveurs qui sont vulnérables à cette attaque, si on les contacte au moins une fois par jour (ou juste un peu moins qu’un jour, si le TTL est configuré à 86400 secondes) pour provoquer une mise à jour, ils continueront de conserver l’information erronée, sans jamais vérifier auprès des registres de noms de domaine de plus haut niveau (voir Wikipédia).

Quel est le risque réel

Les chercheurs soulignent dans leur article qu’ils ont pu mesurer qu’une grande majorité des serveurs DNS sont concernés aujourd’hui par cette vulnérabilité. Et s’ils n’ont pas identifié une utilisation passée, ils ont pu montrer qu’elle fonctionnerait. L’un des scénarios qu’ils décrivent consisterait à cibler l’attaque contre des serveurs de noms de domaine d’un réseau donné. Des mises à jour sont en cours de déploiement dans différentes versions des serveurs DNS. Selon les spécialistes interrogés (voir l’article du Register), le risque n’est pas très grand étant donné que la vulnérabilité permet uniquement de maintenir en fonctionnement des domaines malicieux après leur disparition et non pas d’injecter des informations erronées sur des domaines légitimes existants (voilà quelques années, Dan Kaminsky mettait en lumière une faille beaucoup plus importante, en voir la synthèse chez Stéphane Bortzmeyer).

Conclusion

Internet fonctionne sur un ensemble de fonctions essentielles dont les serveurs DNS ou le protocole de routage BGP. Bien qu’ils soient relativement simples au départ, la complexité de l’Internet, la nécessité de diffuser et propager l’information rapidement les rend particulièrement vulnérables. Il est donc important de suivre leur sécurité du cœur de l’Internet jusque dans la mémoire de votre ordinateur.

Pour aller plus loin

J’ai déjà parlé du DNS dans plusieurs articles que vous pouvez retrouver ici:

D’autres articles sur les domaines fantômes:

La citadelle du crime

L’évolution du botnet Citadel est suivie depuis plusieurs mois par différents chercheurs. Il montre une tendance intéressante (si l’on peut dire) dans la pratique des groupes criminels numériques: une véritable gestion de la clientèle et l’utilisation des modèles modernes de développement d’applications en source ouverte. Cet exemple montre des développements importants dans le domaine du CaaS – crime as a service, ou le crime vendu comme un service.

Historique

En mai 2011, le code source du malware Zeus est révélé. Dans la foulée, des variantes sont développées dont IceIX et aujourd’hui Citadel.

Panneau de commande du botnet Citadel v.1.2.4 (source: Seculert)

Les services offerts par la citadelle

Une fois la licence de Citadel acquise (le prix public serait de $2.399 plus un abonnement de $125 mensuels), le ‘client’ est invité à rejoindre la communauté en ligne des acheteurs de Citadel: le « Citadel Store » (voir l’article de Brian Krebs). Ils ont ainsi accès :

  • à la possibilité de voter pour de nouvelles fonctionnalités et en discuter le détail ;
  • la progression des développements (dates de sortie des nouveaux modules) ;
  • au signalement des bugs au travers d’un classique système de gestion de tickets ;
  • à une documentation complète pour l’utilisateur, des notes de version et un document de licence (sic !).

Vous pouvez lire sur le Wiki Botnets une traduction en anglais (par @sherb1n) d’un message publicitaire du groupe qui anime Citadel sur un forum destiné à des acheteurs potentiels.

Très clairement, il s’agit de fidéliser la clientèle et donc de développer ses revenus (ils demandent même des avances aux clients qui souhaitent voir un développement particulier arriver plus rapidement), mais aussi de profiter des informations que les clients obtiennent pour améliorer le produit et le rendre plus efficace. Ils vont ainsi beaucoup plus loin que les contacts via ICQ ou Jabber classiquement utilisés par les développeurs de logiciels malveillants (voir l’article de Brian Krebs).

Le groupe qui se cache derrière le Citadel Store se comporte comme n’importe quelle entreprise. Ainsi, ils ont des horaires de bureau (de 10h00 à 00h30 tout de même, donc très geeks) et se reposent le week-end. Au mois de mars 2011, Seculert rapportait déjà (voir leur blog) l’importance des services de type commercial développé par les criminels dans le domaine des plateformes d’exploits (il s’agit de plateformes telles Blackhole ou Incognito qui regroupent en un seul outil intégré un ensemble d’outils permettant de contaminer une grande variété de machines victimes visitant par exemple un site Web).

J’avais déjà eu l’occasion de souligner le développement des groupes criminels comme de véritables entreprises:

Les fonctionnalités offertes par Citadel

Selon Seculert (voir sur leur blog), une nouvelle version de Citadel est publiée chaque semaine, soit un rythme beaucoup plus soutenu que ce qu’on a pu remarquer pour Zeus ou SpyEye.

A ce jour, le botnet Citadel offrirait les fonctionnalités suivantes (voir notamment l’article de Seculert):

  • toutes les fonctionnalités connues de Zeus, mais avec des améliorations comme la collecte d’identifiants de connexion sur le navigateur Chrome de Google ;
  • chiffrement RC4 et AES pour les communications ;
  • contre-mesures pour les plateformes de suivi des serveurs de commande des botnets (tel Zeus Tracker), grâce à l’utilisation de clés qui seules permettent de télécharger des mises à jour ou des fichiers de configuration ;
  • blocage de l’accès par les machines infectées aux serveurs de mise à jour des anti-virus ;
  • enregistrement de vidéos (au format MKV) de l’activité de l’utilisateur visitant un site Web particulier ou utilisant une application (il s’agit d’une option du botnet) ;
  • la mise à jour via le protocole Jabber de l’ensemble des bots pour éviter la détection par les antivirus (cette option serait facturée $395 et chaque mise à jour $15) ;
  • plus classique, il est possible d’empêcher le bot de fonctionner sur les machines dont le clavier est configuré pour le russe ou l’ukrainien.

Interface de création du bot - logiciel malveillant (Source: Brian Krebs)

Pour prolonger…

Cet article est l’occasion d’attirer l’attention sur un projet lancé voici quelques semaines: https://www.botnets.fr/ un Wiki sur les botnets que j’anime dans le cadre de la thèse que j’ai commencée sur le sujet de la lutte contre les botnets. Si vous voulez participer à ce Wiki n’hésitez pas à nous rejoindre sur IRC chat.freenode.net #botnets.fr et à vous inscrire sur le Wiki.

Le virus « Gendarmerie » – Bilan de la semaine

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Site d’information http://stopransomware.fr/

Mise à jour du 15 janvier 2012: Attention, ce virus se propage toujours, par exemple avec des variantes réclamant 100 euros et utilisant ce genre de pages d’avertissement, comme le signale le forum Malekal (voir ici):

Drôle de semaine pour pas mal d’usagers de l’Internet et pour la communauté NTECH de la gendarmerie. En effet, dès samedi 10 décembre nous avons commencé à recevoir des sollicitations au sujet de tentatives d’escroquerie utilisant l’image de la gendarmerie. La spécificité de cette campagne par rapport aux escroqueries par courrier électronique dont nous sommes familiers, c’est qu’elles exploitaient un virus informatique.

Le processus vécu par les victimes est le suivant: en visitant un site à fort trafic (notamment des sites diffusant des vidéos en streaming), une publicité affichée sur le site déclenche l’exécution d’un programme qui exploite une vulnérabilité présente sur leur ordinateur (notamment dans des versions de Java sous Windows XP et Windows Vista). Celle-ci installe ensuite le cheval de Troie (souvent après des messages d’avertissement mal interprétés par les victimes) qui vient bloquer l’ordinateur et affiche un message réclamant le paiement d’une amende.

Les escroqueries sur Internet adoptent de nombreux ressorts pour parvenir à leurs fins. Celle-ci en cumule plusieurs qu’il est intéressant de décomposer:

  • l’utilisation de l’image d’une institution ou d’une entreprise;
  • la faute que l’on peut réparer;
  • l’obstruction.

Utilisation de l’image d’une institution

Les campagnes de phishing, les escroqueries à la lotterie et beaucoup d’autres formes de scams utilisent l’image d’une institution. Récemment ont été évoquées les campagnes de phishing liées aux impôts, mais ce sont aussi les plus grandes marques – et en particulier les établissements bancaires et les sociétés de l’Internet – qui voient leur image utilisée. Très souvent c’est uniquement le logo et la marque, mais parfois cela va plus loin et c’est toute la mise en page classique d’un document ou d’un site Web qui sont utilisés pour tromper la victime.

Dans le cas présent, c’est le logo de la gendarmerie qui est exploité, associé à celui de la République française. Ils sont naturellement associés au respect de la loi:

Le symbole de la République utilisé est une de ses représentations historiques: le faisceau de licteur, mais dans la version que l’on retrouve sur Wikipédia. Il est aujourd’hui utilisé par la Présidence de la République et on le retrouve par exemple sur nos passeports.

C’est donc très clairement le public français qui est visé. D’ailleurs, la version du virus qui est diffusée en France est effectivement liée à l’implantation géographique de la victime. En effet, comme ont pu le noter certains analystes (voir article sur Malekal), le mode de diffusion de ce virus utilise la possibilité pour des bannières publicitaires de s’adapter au pays d’où provient la connexion (c’est une fonctionnalité offerte par les sociétés qui offrent ce type de services). Derrière ce sont de véritables kits qui sont exploités (comme Blackhole) et donc vont permettre de déclencher des vulnérabilités en fonction de la configuration de la machine visée.

Dans les cas précédents qui ont été rapportés récemment, ce sont d’autres services de police qui ont été utilisés, en particulier la police allemande, mais aussi suisse, espagnole, hollandaise ou argentine.

La faute que l’on peut réparer

Le message d’alerte affiche ensuite une liste de fautes que l’on aurait commises: pédopornographie et atteintes aux droits d’auteurs. Ce mécanisme fait appel à l’inconscient collectif fortement marqué par ces sujets. Ainsi, une personne qui va sur des sites pornographiques en se cachant de son entourage pourra penser qu’il a pu visiter des sites illégaux sans y faire attention. Une autre qui télécharge des séries ou des films, sans toujours vérifier si leur origine est légale se sentira concernée. La victime est alors placée dans l’incertitude (qu’est-ce qu’on me reproche exactement ?), dans le qu’en dira-t-on (qu’est-ce que vont en penser ma femme, mes collègues ?) et dans la crainte d’une action policière (je n’ai jamais rencontré les gendarmes… est-ce qu’ils vont être durs avec moi ?).

Mais tout de suite, est offerte la possibilité de s’en sortir, par le paiement d’une amende. Le montant a l’air suffisamment sérieux (100 ou 200€ dans les cas rapportés), même si la méthode de paiement paraît un peu moins officielle (tickets et cartes prépayés).

Dans les autres formes de rançons réclamées par des escrocs, souvent le ressort de la sexualité est utilisé (et les interdits qui y sont associés), et l’accusation très forte et exagérée pour faire peur (« la femme avec qui tu discutais était ma petite sœur mineure… »). Il s’agit ici d’isoler les victimes, de les placer dans un angle dont elles ne pensent pas pouvoir se sortir, où elles auront même peur d’appeler à l’aide. L’escroc est devenu le seul ami de la victime, celui qui peut l’aider.

L’obstruction

C’est la même logique et d’autres ressorts qui sont utilisés dans les virus de rançonnement et exploités ici de façon complémentaire. L’ordinateur ne fonctionne plus et on en a besoin (ou bien on a peur d’expliquer à son propriétaire qui nous l’a prêté qu’on a fait une bêtise). Un obstacle de plus donc entre la victime et la solution de son problème. Dans certaines formes simplifiées de ces virus, c’est un simple blocage de l’ordinateur (fenêtre d’avertissement empêchant l’utilisation et parfois chiffrement des données rendant l’ordinateur inutilisable) ou du téléphone qui est réalisé:

Voir l'article d'origine ici

Bilan de la semaine

Dès le week-end dernier, la communauté des enquêteurs NTECH s’est mobilisée pour échanger de l’information sur ces affaires, d’abord pour avertir les collègues de ces cas, puis donner les bons conseils aux enquêteurs et aux victimes. Des fiches d’information ont par exemple été diffusées par les NTECH dans chaque département. Des échanges ont aussi lieu avec la police nationale, localement et nationalement (avec l’OCLCTIC et la plateforme de signalement Pharos, avec la BEFTI à Paris), qui reçoivent aussi de nombreuses sollicitations.

Pour faciliter la coordination, la permanence de la division de lutte contre la cybercriminalité, a ainsi reçu et traité plusieurs dizaines d’appels par jour sur ce dossier, recoupé et relayé les informations.

Le service de presse (SIRPA) de la gendarmerie a diffusé l’information auprès de l’AFP dès mardi (dépêche AFP reprise ici sur Tahiti infos) pour informer les médias et les pousser à reprendre les informations utiles diffusées sur un certain nombre de forums d’entraide.

L’information est reprise:

Plusieurs centaines de personnes ont dû voir leur machine contaminée au cours de la semaine en France par cette variante du logiciel malveillant. Tout le territoire français était concerné, d’où l’intérêt d’un dispositif dense d’enquêteurs formés ou sensibilisés à ces questions. Moins d’une dizaine de personnes ont effectivement payé la somme, des plaintes ont alors été prises et des enquêtes ouvertes.

Les conseils

D’abord de bon sens: la gendarmerie, la police ou les services publics en général, n’iront pas bloquer votre ordinateur et vous menacer de devoir payer une amende, encore moins pour des faits totalement vagues et par un moyen de paiement plutôt réservé à des applications ludiques. Donc, dans ces cas-là se renseigner sur Internet (comme l’ont fait de nombreuses victimes sur des forums d’échanges) ou appeler l’administration concernée et ne jamais payer de sommes d’argent dans un tel contexte.

Sur le plan technique ensuite: tenir à jour son système d’exploitation, les différents logiciels et ajouts (plugins) installés (Java, Flash, Adobe reader pour ne citer que quelques-uns), ainsi que les solutions de sécurité (tels les antivirus). Pour les personnes dont l’ordinateur a été contaminé, plusieurs guides d’aide à la désinfection existent (Melani– agence Suisse de sécurité informatique – signalé par @xylit0lMalekal).

Sur le plan judiciaire enfin. Evidemment, l’installation malveillante d’un virus sur un ordinateur constitue une atteinte à un système de traitement automatisé de données, puni notamment en France par les articles 323-1 et suivants du code pénal. Toutefois, il n’est pas forcément judicieux de porter plainte pour toutes les occurrences de tels faits, même si vous en avez parfaitement le droit. Nous sommes parfaitement au courant que chaque jour des centaines de personnes sont concernées en France et les enquêteurs de la communauté NTECH sont d’ailleurs mobilisés pour répondre à vos questions et vous assister, en particulier sur ce cas comme je vous l’expliquais plus haut.

Dans ce cas, le conseil que l’on peut donner, est de ne déposer formellement plainte que si vous avez malheureusement payé la rançon réclamée. Cela nous permettra d’envisager, avec l’accord des juridictions locales concernées (votre Procureur de la République), de remonter sur les moyens de paiement utilisés.

Autres images

Version OCLCTIC

Assises de la sécurité 2011 – quelques notes

Les Assises de la sécurité et des systèmes d’information se tenaient cette année encore à Monaco du 05 au 08 octobre 2011. Une belle réussite grâce aux organisateurs évidemment (DG Consultants), les sponsors et exposants et les très nombreux participants.

Le programme des ateliers, tables rondes et conférences étaient particulièrement denses, aussi ne peut-on assister à toutes évidemment. Les sujets qui ont le plus été discutés: le cloud computing, IPv6, BYOD (apporte ton propre équipement, une tendance qui semblerait se développer et qui pose des problèmes de sécurité) et un fort penchant pour le mot « cybercriminalité » dans le vocabulaire utilisé par les professionnels, en lieu et place des simples « risques » et « menaces ».

Quelques présentations auxquelles j’ai assisté:

– Sogeti présentait les travaux de Guillaume Delugré, un des chercheurs de l’ESEC, sur la possibilité d’attaques dans les architectures en nuage à cause du partage de la mémoire vive sur les serveurs eux-mêmes entre plusieurs machines virtuelles (ces résultats avaient été présentés à Hack.lu 2010) ;

– Orange faisait le point sur le déploiement d’IPv6 en pratique (Christian Jacquenet) et les solutions aux problèmes de sécurité que cela pose ;

– Nicolas Brulez (@nicolasbrulez) de Kaspersky a fait une présentation sur l’état de l’art des malwares bancaires ;

– Stonesoft propose à la communauté de partager sur les « Advanced evasion techniques » qui permettent à des attaques déjà connues et souvent détectées par les solutions de sécurité actuelles d’être camouflées ; ils ont décrit ces techniques dans une annonce faite par le CERT-FI et proposent une plateforme d’information sur ce sujet.

– Une table ronde était consacrée à la classification de l’information au sein de l’entreprise. Il s’agit avant tout de mettre en place des mesures adaptées à chaque classe d’information à protéger en prenant aussi bien en compte les impératifs légaux (données à caractère personnel, données médicales, etc.) que la nécessité de protéger le patrimoine informationnel de l’entreprise. Les témoins présents ont fait état d’un processus souvent difficile – en tous cas nécessitant une perpétuelle mise à jour, aboutissant en général à 4 ou 5 niveaux de protection. Ce travail devra nécessairement prendre en compte les évolutions récentes de la législation (notification obligatoire des incidents de sécurité concernant des traitements de données à caractère personnel) ou futures (comme le texte qui serait proposé prochainement sur la protection du secret des affaires).

Enfin, Myriam Quémener et moi-même présentions une table ronde sur les perquisitions en entreprise, avec le soutien du Clusif. Un document sera bientôt publié sur le site du Clusif pour résumer les principaux points de nos présentations.

Pour la clôture des Assises, Patrick Pailloux a présenté le nouveau logo de l’ANSSI dont il assure la direction et lancé un message fort vers la communauté de la sécurité informationnelle.

Enquête sur un phising par Twitter

Ce matin, je suis surpris par un message un peu incongru d’un de mes contacts sur Twitter:

Guidé uniquement par ma curiosité je décide de suivre le lien qui m’amène sur une page http://mspaworldwide.net/twitter/ qui ressemble en tous points à la page d’accueil de Twitter:

Un petit regard au code source finit de me convaincre qu’il s’agit bien d’un phishing:

et … si l’on remplit le petit formulaire de connexion on est finalement redirigé sans encombre sur la vraie page de twitter (qui, si on est déjà connectés, affiche de toutes façons la liste des publications de nos contacts). Rien de très « high-tech » donc.

Je suis déjà surpris que de nombreuses heures après le début de cette campagne de phishing mon navigateur n’affiche pas une alerte (testé sous Chrome, Firefox, Internet Explorer, à cette heure – 12:07 – seul ce dernier affiche une alerte). Au passage toujours, Twitter utilise http://t.co/ pour relayer ce lien (quand on clique dessus en réalité on passe par http://t.co/2acFQb3 avant d’être redirigé vers le lien original en tinyurl) qui est un domaine censé permettre à Twitter de lutter contre ce genre de problèmes:

Apparemment leur système n’a pas encore détecté le problèmeLes pages d’aide de Twitter nous indiquent qu’on peut signaler les abus de http://t.co/ en envoyant un message à tcoabuse@twitter.com, ce que je viens de faire évidemment.

Je ne sais pas si mon contact a laissé accès à son compte à une application mal intentionnée ou a succombé à la tentative de phishing elle-même… dans l’un et l’autre cas l’ensemble de ses contacts ont donc pu recevoir un message direct les invitant à visiter cette page. (15:27: La victime me confirme que c’est passé par le site de phishing lui-même, pas d’application en cause).

Si vous-même êtes tombés dans le panneau, pas trop d’inquiétude et suivez les indications du support de Twitter pour changer votre mot de passe. Je vous conseille de supprimer aussi les messages directs qui doivent apparaître dans votre compte à destination de vos amis (même si les courriers électroniques d’alerte sont sûrement déjà partis…).

Je ne suis pas le premier à parler de ça, bien évidemment (comme ici par exemple et @gcluley en parlait au début du mois de juillet dans un de ses articles, ou encore (17:18@5ct34m il y a quelques jours qui notait qu’on retrouvait la même IP derrière une URL différente).

Epilogue concernant le site de phishing lui-même (14:19): il est hébergé en Chine. En outre, l’adresse IP hébergeant le site Web de Phishing est 220.164.140.252, qui renvoie, à l’heure où j’écris ces lignes (17:25) à des noms de domaine aux noms intéressants comme iltwitter.com, itiwitter.com ou ltwitteri.com entre autres (voir l’image agrandie pour en apercevoir la liste):


Je pense que seul Twitter peut nous en dire plus sur quelles adresses IP se connectent sur les comptes des victimes. Les infractions que l’on pourrait viser pour cette affaire sont essentiellement celles de collecte déloyale de données à caractère personnel, accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données et peut-être le détournement de correspondances privées (les scammers envoient des messages, mais en théorie ils peuvent aussi consulter les autres messages).

Mise à jour (14:51): Chrome n’annonçant toujours pas la page comme du phishing, j’essaie de trouver la fonction qui permet de le signaler. Alors:

  • Ouvrir le menu en cliquant sur la petite clé à molette ;
  • Outils > Signaler un problème… et ensuite on suit le guide !
Sous Firefox, malgré les nombreuses indications quant à leur nouvelle version qui serait encore meilleure en matière de lutte contre le phishing, je n’ai pas trouvé où était la fonction pour signaler un phishing, ni sur leur site d’aide en ligne… Mais bon, comme ils utilisent « Google Safe Browsing« , je suppose qu’il suffit de le faire via Chrome ! Mais c’est dommage de ne pas avoir une fonction intégrée pour signaler un site.

Sous Internet Explorer, même principe que sous Chrome:

  • Affichage du menu 
  • Sécurité… Signaler un site Web d’hameçonnage.
18:12 Suite de l’enquête. Un peu agacé que le site de phishing soit toujours accessible, je me suis amusé à chercher un peu plus loin et j’ai découvert que sur le même serveur il y avait une autre forme de phishing qui se fait passer une application Twitter « StalkTrak », censée vous indiquer qui vous suit avec des intentions malhonnêtes sur Twitter:

Le fonctionnement est similaire et derrière l’URL http://mspaworldwide.net/app1/function.api.stalktrak.htm vous avez donc un formulaire qui vous invite à nouveau à rentrer votre identifiant et votre mot de passe Twitter, avec un aspect graphique qui ressemble à celui de Twitter.

Ceux qui se sont fait avoir se retrouvent apparemment à faire la publicité de l’application. Topsy nous donne une petite idée du trafic autour de ce site depuis quelques jours (cliquer sur l’image pour l’agrandir):

On note ainsi un pic le 29 juillet, avec un début de propagation le 27.

Stalktrak lui-même (ce qui semble confirmer ce que je rappelais un peu plus haut sur l’adresse IP du serveur suite à une indication de @5ct34m), tourne aussi au moins depuis le début du mois de juillet comme on peut le lire sur cet article de blog (avec une petite vidéo dedans) et où l’on retrouve un des noms de domaine évoqués précédemment.

05 août: Apparemment un nouveau domaine est apparu depuis hier qui délivre les mêmes contenus illégaux : 3xloanstoday.com. Évitez de vous y rendre et signalez le comme site de phishing.

Un chapitre collaboratif ?

Photo de Rahego

Un article un peu inhabituel et court pour lancer un appel à commentaires auprès de mes lecteurs sur leurs sujets de préoccupation du moment en matière de cybercriminalité.

J’ai commencé depuis quelques mois la rédaction d’un livre sur la cybercriminalité et la cybersécurité et l’idée ici est d’en consacrer une partie, soit dans les chapitres déjà prévus, soit dans un chapitre à part, aux questions, aux préoccupations du moment, de mes lecteurs.

A vos claviers ! Toutes les questions et tous les commentaires sont les bienvenus.

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