4ème Forum International sur la Cybercriminalité – Un bilan

Le 4ème Forum International sur la Cybercriminalité qui s’est déroulé les 31 mars et 1er avril 2010 a tenu ses promesses, avec plus de 2200 participants, des dizaines d’exposants, 30 ateliers et conférences pour répondre aux attentes de tous. La reprise assez importante par la presse de cet événement dénote l’intérêt du grand public pour une plus grande sensibilisation sur ces sujets. La présence nombreuse de nos interlocuteurs dans les entreprises, régionales ou nationales montre aussi une véritable préoccupation.

Un public nombreux à l'ouverture du FIC 2010

Le FIC est aussi devenu un véritable événement Européen et International avec la présence de nos partenaires de dizaines de pays. J’ai ainsi pu rencontrer les collègues que j’y côtoie habituellement (Belges, Anglais, Allemands, …), mais par exemple un camarade de la gendarmerie royale du Maroc ou écouter l’exposé de Mohamed Chawki (Conseil d’Etat, Egypte) nous exposer la situation dans son pays et ailleurs en Afrique en matière de législation contre la cybercriminalité.

Dans quelques jours, les photos et les compte-rendus des ateliers seront disponibles sur le site de la conférence.

Guides contre la cybercriminalité

Deux guides qui ont beaucoup contribué au succès du FIC ont été publiés dans une nouvelle édition, chacun à destination d’un public différent.

Le guide pratique du chef d’entreprise face au risque numérique (4° éd.)

Rédigé avec le soutien du Clusif et de l’association S@ntinel, ainsi que de nombreux partenaires publics et privés. Le guide est organisé en deux grands chapitres:

  • Douze études de cas (La divulgation de savoir-faire, Le vol d’ordinateur portable ou de PDA, La défiguration de site Web,…)
  • Les recommandations des institutions.

Il a été distribué au cours du salon et sera disponible en téléchargement très bientôt sur le site du FIC (mais on le trouve déjà en cherchant bien…). Indispensable !

Cybercrimin@lité, réflexes et bonnes pratiques (2° éd.)

Plus discret, car destiné au public des enquêteurs et des magistrats, ce guide en est déjà à sa deuxième édition. Il a été rédigé sous la houlette d’un comité rédactionnel régional trans-frontière: Eric Absil (RCCU Charleroi), David Cassel (NTECH à Arras), Serge Houtain (RCCU Tournai) et Laurent Frappart (NTECH à Arras) et le nombre de contributeurs est particulièrement nombreux.

Ce guide est organisé en cinq grandes parties:

  • Un chapitre d’introduction et de définitions
  • Vecteurs et supports de la cybercriminalité
  • Les constatations dans l’espace virtuel
  • Les cadres légaux belge et français
  • 11 fiches réflexes

Bilan des conférences et ateliers

Tout d’abord un coup de chapeau à mes camarades de la Région de gendarmerie Nord Pas de Calais et à tous leurs partenaires pour la réussite de cet événement ! Je n’ai malheureusement pas pu assister à beaucoup des conférences et ateliers, mais un sujet était très présent cette année, jusque dans les conclusions du Général d’armée Marc Watin-Auguouard, la cyberdéfense.

La France et l’Europe sont-elles prêtes dans la lutte contre les nouvelles formes de conflit sur les réseaux et les risques les plus graves contre nos infrastructures vitales ? Le bilan de la table ronde dédiée à ce sujet est positif, même s’il reste des efforts à faire, notamment en termes de connaissance du dispositif par l’ensemble des acteurs concernés (comme le portail officiel sur la sécurité informatique).

A titre personnel j’indiquerais qu’il faut peut-être encore plus décloisonner les interactions public-privé (les partenariats public-privé dans la cyberdéfense étaient le thème de cette table ronde). On sent en effet, malgré les ouvertures et les projets communs qu’il manque une fluidité dans la circulation de l’information. Les OzSSI (observatoires zonaux de la sécurité des systèmes d’information) sont un outil de ce décloisonnement, peut-être faut-il attendre maintenant des entreprises qu’elles partagent plus facilement l’information, notamment au sein d’un même secteur économique, pour être ensemble mieux préparées aux risques.

Rendez-vous en 2011 !

HCFDC – De la sécurité informatique à la cyberdéfense

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Colloque HCFDC

Le Haut comité français pour la défense civile (HCFDC) organisait le 14 novembre 2008, dans les locaux de l’INHES à la Plaine Saint Denis (93), un colloque sur la « Cyberdéfense ». Il était conclu par une intervention du sénateur Roger ROMANI qui a été le rapporteur du rapport d’information de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées sur la Cyberdéfense.

Ce colloque était organisé en partenariat avec le Secrétariat général de la défense nationale (SGDN) et sa Direction centrale de la sécurité des systèmes d’information (DCSSI) et sponsorisé par Agilent et Thalès.

Le programme de la conférence était organisé autour de 4 tables rondes :

  • Typologie des menaces ;
  • Cartographie, enjeux et complexités ;
  • Cibles et impacts ;
  • Réponses et solutions.

Des différentes présentations on retiendra que :

  • il est encore difficile aujourd’hui d’évaluer l’impact des différentes attaques contre les systèmes d’information en France et dans le Monde ;
  • la future agence nationale de la sécurité des systèmes d’information est en bonne voie, avec un futur périmètre bien plus large que celui de la DCSSI actuelle et donc notamment avec un impact plus important sur la sécurité de l’information des entreprises et des citoyens (certification de logiciels et de solutions de sécurité) et certainement un pouvoir de contrainte plus fort sur la sécurité existant dans les administrations ;
  • des progrès sont reconnus dans la mise en place de politiques de sécurité des SI dans les grandes entreprises, les démarches semblent beaucoup plus mûres ;
  • le constat est maintenant tangible d’une évolution vers des cyberconflits, parallèles aux conflits physiques, comme l’ont montré les incidents des derniers mois (Estonie, Géorgie, attaques imputées à des chinois, etc.) et la France, l’Europe, doivent s’y préparer ;
  • les représentants des services dits répressifs (dont moi-même) ont beaucoup insisté sur l’intérêt d’associer mieux la sphère judiciaire dans la lutte contre les abus criminels contre les systèmes d’information et notamment sur la nécessité selon les cas de porter plainte ou de signaler les faits intéressants.

J’en retire aussi qu’il subsiste un grand flou autour des évolutions à venir de l’Internet et de la démarche de cyberdéfense :

  • quel avenir pour la gouvernance de l’Internet (rôle de l’ICANN, rôle que veut se donner l’Union Européenne, rôle des nouvelles puissances extrême-orientales,…) ?
  • quel va être l’impact d’IP v6 sur la sécurité des systèmes d’information et la cybercriminalité en général ?
  • quelle direction concrète doivent prendre des pays comme la France en matière de lutte informatique offensive (le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale donne quelques pistes, page 207) ?
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